07.11.2009
Tarifs de l’énergie : un comparateur en ligne pour bien choisir
Comment s’y retrouver entre les différents tarifs des fournisseurs de gaz et d’électricité ? Un comparateur de prix indépendant est mis en ligne depuis le 5/11/09 sur internet par les services du médiateur de l’énergie, pour aider le consommateur à y voir plus clair... Moins de 5% des Français aujourd’hui ont choisi de quitter EDF et GDF.
| Lancement d’un comparateur des tarifs de l’énergie Reportage Florent Guyotat (1'11") | |
Plus de deux ans après l’ouverture du marché pour les particuliers, faire son choix entre les différentes offres est toujours un casse-tête. Selon un sondage LH2, réalisé pour le médiateur et la Commission de régulation de l’énergie (CRE), six Français sur dix ignorent qu’ils peuvent quitter EDF ou GDF Suez. Et 77% ne connaissent pas la procédure à suivre pour changer de fournisseur. En outre, le médiateur de l’énergie croûle sous les réclamations : 13.000 en 2009, dix fois plus qu’en 2008 !
| Les précisions de Bruno Léchevin, délégué du médiateur de l’énergie (avec Florent Guyotat) (2'13") | |
D’où l’intérêt de ce comparateur de tarifs. Ce n’est pas le premier sur internet, mais c’est le seul à émaner d’une institution publique indépendante. Un comparateur qui permettrait d’économiser 10% sur sa facture...
| source france info et cliquez sur le comparateur énergie |
00:39 Publié dans consommation, gestion crise, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : énergie, concurrence, comparateur, web
06.11.2009
Le vélo à assistance électrique à l'essai
| Agrandir la photo |
Une subvention de la Ville sera proposée pour l'achat des vélos à assistance électrique (VAE) à partir du 2 novembre. Cette aide s’élèvera à 25 % du prix d’achat TTC d’un vélo à assistance électrique neuf, le gain pouvant s’élever au maximum à 400€. Paris.fr a testé ces vélos d'un nouveau genre. Autre innovation, la location de VAE dans plusieurs parkings de la Saemes .
C'est un gros coup de pouce pour rouler électrique. Le Conseil de Paris des 29 et 30 septembre a adopté un projet de subvention des vélos à assistance électrique (VAE) par la Mairie de Paris. Les modalités pratiques de cette subvention seront mises en œuvre le 2 novembre (Attention, toute facture antérieure à cette date ne pourra donner droit à la subvention. Les pièces nécessaires à la demande seront téléchargeables sur velo.paris.fr ).
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En mars 2009, une aide similaire pour l'achat d'un cyclomoteur électrique avait été votée par les élus de la capitale. La Ville de Paris subventionne ainsi jusqu’à 400 € l’achat de tout cyclomoteur électrique neuf. Avec cette nouvelle subvention des vélos à assistance électrique, la Ville de Paris continue ainsi d'encourager les modes de déplacements propres.
"Gros progrès des batteries"
Les VAE débutent à 800 euros environ, avec une grande variété de modèles. "La subvention va décider les personnes hésitantes qui n'avaient pas forcément le budget nécessaire", estime Yoann Bourrelier, qui vend des VAE à la boutique Cyclelectro.
Pour ce spécialiste des véhicules électriques, c'est la meilleure autonomie des batteries qui a fait progresser les machines : "Il y a un gros progrès des batteries depuis 2 ou 3 ans". Placée dans le porte-bagages ou sur le côté du vélo, elle est amovible et peut être facilement rechargée à domicile. Car elle pèse seulement quelques centaines de grammes. Côté autonomie, on peut rouler entre 25 et 40 km sans recharger, selon les modèles. Le temps de recharge (pour avoir une batterie chargée à 100%) est de 3 à 4 heures.
En montée, le vélo semble rouler... comme sur du plat !
Aux commandes d'un VAE, c'est la facilité à pédaler qui impressionne : en quelques tours de roues, l'assistance électrique se déclenche, et on a déjà franchi plusieurs dizaines de mètres ! Sur les petites montées, le vélo semble rouler comme sur du plat, tant la conduite est souple. Certains utilisateurs ont même installé une remorque derrière leur engin. "C'est super, je tire jusqu'à 100 kilos", se réjouit le propriétaire d'un de ces triporteurs.
Autre avantage : pas besoin d'être détenteur d'un permis pour rouler en VAE. Et l'assurance contre le vol de la batterie coûte seulement environ 40 euros par an. Les VAE, comme les vélos traditionnels, ont également accès aux voies cyclables.
Parisiens, commerçants, artisans et réparateurs implantés à Paris
La subvention pour les VAE s’élèvera à 25 % du prix d’achat TTC d’un vélo à assistance électrique neuf : le gain s’élèvera au maximum à 400€. Elle concernera tous les Parisiens, ainsi que les commerçants, artisans et réparateurs implantés à Paris pour la pratique de leur activité.
Bon à savoir : le lieu d'achat du vélo à assistance électrique est totalement libre. Vous pouvez donc le choisir chez n'importe quel revendeur de France.
Où être conseillé ?
Pour vous informer sur les avantages des deux-roues électriques, un dépliant explicatif est mis à votre disposition par la Mairie de Paris.
» Télécharger le dépliant d'information
Pour être conseillé sur les différents modèles disponibles, l’Espace mobilités électriques (EME) vous accueille :
16 rue de la Tour des Dames - 75009 Paris
du lundi au vendredi de 09h00 à 12h30 et de 13h30 à 17h00
Vous découvrirez toute la gamme de cyclomoteurs et vélos à assistance électrique. Il vous sera même possible de les essayer!
» Consulter le site de l’EME
commentaire : bonne initiative mais il ne faudrait pas que cela pousse à augmenter les prix, celui vendu en chine coûte en moyenne 100 €...
source cliquez sur ville paris
00:44 Publié dans gestion crise, politique & environnement, santé, transports doux, vélo | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : vélo électrique, ville de paris, subvention
13.08.2009
« Un milliard d'euros de plus provisionné pour les traders de BNP Paribas en 2009 !
Environnement humain
extraits
Pour enfoncer le clou, je voudrais réaffirmer (une fois de plus) pourquoi la culture du bonus est une mauvaise chose, en soit. Qu'il faut la supprimer, et non pas la réformer à la marge, comme l'a fait le G20.
...
- Les bonus conduisent à prendre des risques:
....
- les bonus poussent à des "manipulations" comptables
....
- les bonus ne sont pas distribués justement
....
- les bonus font perdre tout esprit critique
.....
Le montant même des bonus peut être une incitation à la prise de risque. Un trader qui peut espérer 5 000 euros maximum de bonus n'est pas poussé de la même manière à spéculer (et donc à risquer de tout perdre) qu'un trader qui peut espérer 10 millions. Distribuer des gros montants, c'est une incitation à prendre de gros risques.
Nicolas Cori
source Libération
Commentaire : pour des bonus sans limites, les risques sont aussi sans limites. Il ya lieu de réformer et de mettre une législation encadrée au niveau du G20 sans délai....Sinon, ,ous reverrons les mêmes dérives....
00:06 Publié dans éthique, gestion crise | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bonus, banque, trader
16.06.2009
6 et 17 Juin : Café Contact de l'Emploi au CNIT à PARIS
16 et 17 Juin Café Contact de l'Emploi au CNIT à PARIS, un èvènement dans un évènement ( Emploi Recrut'Séniors ) un RDV INTERACTIF, unique en France et Europe, avec Café Contact de l'Emploi, pendant 2 jours plein!
16:14 Publié dans gestion crise | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : emploi, cnit à paris
09.04.2009
Supprimez le superflu bling-bling et faites du TROC GRATUIT
Chez les Indiens d'Amérique, le dindon est le symbole de la générosité et du don. Les Indiens qui ont la "force du dindon" ne sont pas matérialistes, ils ont le sens du partage et sont véritablement tournés vers les autres. C'est ainsi que le site Internet le-dindon.fr met en relation donneurs et acquéreurs potentiels. Toutes sortes d'objets sont cessibles gratuitement : de la voiture à la table basse. Seule condition pour le donneur : livrer le bien en personne.
....
La livraison directe entre donneurs et futurs acquéreurs incite les personnes à "sortir du virtuel et à créer une relation de confiance" confie Alexis Dard, dont la plus belle récompense est de "recevoir des commentaires positifs sur le site et de voir les gens nouer des contacts".
Sites Internet :
- www.le-dindon.fr ;
- www.recupe.net ;
- www.digitroc.com/dons.php ;
- www.donnons.org.
Extraits Article paru dans l'édition du Monde du 02.04.09
00:20 Publié dans gestion crise | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : troc, gratuit
02.04.2009
SAMEDI 4 AVRIL 2009. journée SANS ACHATS!
Pourquoi pas ? Comme le dit le cinéaste engagé Gilles Perret, c'est un geste citoyen que de poser des actes de résistance, nous en avons si rarement l'occasion...
> SAMEDI 4 AVRIL 2009. journée SANS ACHATS!!!
> > D'autres pays l'ont déjà fait. Et ils ont réussi à faire baisser le prix des pâtes alimentaires pour l'Italie. Deux jours de grève d'achats à suffit pour faire reculer l'énorme augmentation du prix des pâtes.
> >
> > Même action au Liban pour le prix du pain, le lendemain de la grève d'achats le prix du pain reprenait son ancien prix.
> >
> > PARTICIPEZ AU MOUVEMENT NATIONAL SAMEDI 4 AVRIL 2009
> > LE GOUVERNEMENT ET LES GRANDS FINANCIERS DE CE PAYS SE SOUVIENDRONT :
> > Vous êtes invités, tous et toutes, ce jour-là à ne RIEN ACHETER surtout :
> > - L'ESSENCE - GAZOIL - TABAC
> > - JEUX DE HASARD (ts jeux de la Française des Jeux)
> > - ALCOOL
> > - BOYCOTT DE LA GRANDE DISTRIBUTION (sauf les petits commerces de proximité)
> > - ESSAYER DE NE PAS ETRE VERBALISE (radars, feu rouge,stop, stationnement....)
> >
> > Avec un minimum d'organisation, nous pouvons tous y arriver.
> > Ce message n'est issu d'absolument, aucun parti politique ni d'aucun syndicat.
> >
> > Imaginez l'impact que ce mouvement solidaire national pourrait engendrer.
> > Cette action sera et c'est certain plus efficace que n'importe quelle grève ou manifestation !!!!.
> >
> > CETTE ACTION FERA CHANGER LES CHOSES ;
> > DIFFUSEZ CE MAIL A... TOUS VOS CONTACTS INTERNET...FAITES VITE, La date sera vite arrivée
> > PREVENEZ VOS AMIS, COLLEGUES, FAMILLES....... qui eux même préviendront à leur tour, leurs amis, familles, etc ......
> > L' EFFET BOULE DE NEIGE SE FERA NATURELLEMENT
> > Servons nous d'internet, cette merveilleuse invention. AIDONS-NOUS et nous parviendront à faire reculer la vie chère. Ne vous dites pas "cela ne servira à rien " Observez le 5 avril les réactions constatées grâce à vous, grâce à nous. Cessons de nous plaindre et AGISSONS
00:14 Publié dans gestion crise | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
31.03.2009
Ces patrons qui se goinfrent Parachutes dorés, bonus, salaires mirobolants: petit récapitulatif des derniers scandales
Ce n'est pas un poisson d'avril regardez bien car ceci se passe sous votre nez
Extraits libération du 31.03.09

""La valse des parachutes dorés et des bonus mirobolants a repris de plus belle au mois de mars. A tel point que le gouvernement a publié un décret pour limiter les abus dans les sociétés publiques ou aidées par l'Etat.
Mais il est souvent difficile de s'y retrouver selon les entreprises, entre ce qui relève du bonus, de la retraite dorée et du parachute du même métal.
Petit tour des millions d’euros distribués, en toute légalité, en temps de crise:
En France
Thierry Morin est peut-être celui qui a fait déborder la coupe de champagne. Le 24 mars, Libération révèle que le PDG de Valeo a été débarqué moyennant la modique somme de 3,2 millions d’euros. Cette prime ne correspond après tout qu’à deux ans de son salaire (1,6 millions d’euros en 2008). Mais le souci pour François Fillon, Nicolas sarkozy et tout l’UMP qui s’émeut soudain, c’est que l’Etat à travers le FSI a donné 19 millions d’euros au sous traitant automobile en crise. L’argent du contribuable sert donc non pas à sauver des emplois (1.600 suppressions de postes annoncées) en période de crise, mais à garantir l’avenir de Thierry Morin.
La Société Générale, peu avant que Valeo ne s’illustre, avait déjà fait des siennes. Un an après l’affaire Kerviel, la banque est prise la main dans le sac, en train de verser pour 320.000 euros de stock option à ses quatre dirigeants, dont Daniel Bouton le PDG. Le même Daniel Bouton touchera une retraite de près d’un million d’euros, à son départ de la SG. Information d’autant plus gênante, quand on sait que la Société Générale a déjà reçu 1.7 milliards de la part de l’Etat.
Cheuvreux, la filiale du Crédit Agricole qui a reçu 3 milliards de l’Etat, est elle aussi généreuse envers ses employés. 51 millions d’euros de primes sont versés aux cadres, c'est à dire la partie variable du salire qui récompense «des résultats satisfaisants». D'un autre côté l’entreprise licencie 75 personnes, à travers un plan de restructuration visant à économiser...32 millions d’euros.
Natixis enfin, la banque d’affaire qui a perdu 2.8 milliards d’euros en 2008 et qui a précipité la fusion de l’Ecureuil et de la Banque populaire, sous l’égide de l’Etat, verse 70 millions d’euros de bonus à ses traders.
Aux Etats-Unis
A regarder ce qui se passe de l’autre côté de l’atlantique nos chiffres paraissent encore petit.
Rick Wagoner, le PDG de Général Motors débarqué par Washington, quitte aujourd'hui une société en chute libre, en emportant au passage 20 millions de dollars.Et pour cela même pas besoin de parachute doré. Il affirme que ce chiffre correspond à sa seule retraite et à des bonus accumulés en 32 ans au service de GM.
AIG, le colosse au pied d’argile de l’assurance aux Etats-Unis, renfloué à hauteur de 170 milliards de dollars par l’Etat américain avait démarré les hostilités deux semaines auparavant. L'assureur avait versé 165 millions de primes à ses cadres.
Noël après l'heure
Noël est donc bel et bien tombé au mois de mars pour certains. Deux points communs entre toutes ces primes, retraites et parachutes. Un, toutes ces entreprises ont reçu une aide de l'Etat d'une façon ou d'une autre. Deux, toutes ces pratiques sont globalement légales. Pire, la plupart de ces cadeaux ne sont que le strict respect des contrats. En refusant de verser ces sommes, ces entreprises pourraient se retrouver aux prud’hommes.
Le seul moyen de récupérer cet argent est la pression populaire ou politique qui contraint les intéressés à rendre l’argent (Société Générale, AIG). Le décret paru aujourd'hui, par ailleurs déjà dénoncé comme insuffisant, veut mettre fin à ces pratiques. La crise aura peut-être au moins permis de pointer du doigt des pratiques inacceptables, même en période de croissance.
N'oubliez pas la future retraite en OR dure de Daniel Bouton Pdg de la Société générale: million d’euros par an
la Société générale a provisionné près de 33 millions d’euros en 2008 pour les retraites de ses dirigeants, dont le Pdg Daniel Bouton, selon l’Express.fr, ce qui a suscité des critiques des syndicats face à des salariés qui doivent «se serrer la ceinture».
Daniel Bouton pourrait voir sa retraite s’élever à près d’un million d’euros par an quand il cessera son activité, affirme également le site internet de l’Express.""
Commentaires :
le décret pris par notre 1er ministre est bidon et ne vaut que pour le futur....Pourtant le vol à la tire a déjà été fait en mars 2009. C'est notre argent (nos futurs impôts) qui est ainsi dilapidé au profit d'incompétents qui ont précipité leurs entreprises ou leurs banques à la faillite totale....
22:55 Publié dans gestion crise | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : patrons, voleurs, primes, scandales
18.03.2009
Entretien avec Michel Rocard Autopsie d’une crise
Environnement financier, économique
Pour l'ancien Premier ministre, l'essentiel est de poser un juste diagnostic sur la crise. Assez loin de la refonte du capitalisme, c'est d'intelligence de la situation dont nous avons besoin.
Dès 2007, j'avais prévenu - et dans Réforme même - que la crise allait éclater. Sauf qu'à la différence des crises asiatiques de 1997, de la grande crise financière de 1992 qui avait sorti du système monétaire européen la livre sterling, la peseta et la lire italienne ou celle de la bulle Internet en 1999 - crises internes au système dont les causes étaient repérables -, la catastrophe que nous connaissons aujourd'hui échappe à tous ces diagnostics connus.
Il n'y a, dans la partie bancaire et financière de la crise actuelle, rien de systémique et de cyclique, rien qui pourrait être lié à des déséquilibres structurels qu'il aurait fallu corriger. Tout se passe comme si la science économique était silencieuse, donc impuissante à définir ce qui nous arrive. Pourtant, la première attitude quand on est face à une telle crise, c'est de tenter de la comprendre.
Il faut qu'un accord au moins théorique se fasse entre toutes les parties prenantes sur le diagnostic.
Sur l'affaire bancaire, disons-le clairement, le diagnostic est que cette crise financière est purement et simplement le produit de l'immoralité. Elle est marquée d'abord par les fameux « subprimes », qui sont pour moi l'horrible durcissement social cynique d'une pratique bancaire. Cette crise des subprimes produit en tout cas le drame de l'année 2007. Tout commence sur le seul territoire des États-Unis. La raison accidentelle est le changement de comportement du crédit américain vis-à-vis du logement. Le dernier mot d'ordre au tournant du millénaire était celui d'une nation de propriétaires. D'où l'idée de prêter à tout le monde. Auparavant, les règles voulaient que l'on ne prête qu'à ceux qui avaient les moyens de rembourser, en maintenant une référence au goût de l'effort, les banques n'acceptaient pas de prêter la totalité du montant des achats.
À partir du moment où naît la norme du « tous propriétaires », le système bancaire est poussé à prêter à tout le monde sans s'occuper des revenus des personnes auxquelles il prête. Cela a transformé la philosophie des banquiers : leur ressource n'est plus fondée sur la ponctualité des emprunteurs, mais sur la valeur des maisons. Comme sur le long terme, le prix du logement augmente, cela peut marcher. D'autant que si les emprunteurs ne peuvent rembourser, le recours à l'expropriation est toujours ouvert.
Vol qualifié
Pour équilibrer leurs comptes, les banques américaines font exproprier un million sept cent mille familles en 2007. Le problème social est gigantesque. Quand la masse des expropriations atteint un tel niveau, les policiers eux-mêmes refusent de faire le travail de répression, les juges se mettent à traîner, puis les élus se rebellent, et l'opinion se mobilise... D'où un net recul des expropriations et, tout au bout du processus, la faillite des banques américaines. Pour équilibrer complètement le système bancaire, il eût fallu cette année-là exproprier 3 millions et demi de propriétaires ! Résultat, toutes les banques sont entrées en crise, grandes comme petites. Hélas, à l'époque, personne n'a rien voulu voir venir. Les banques, au lieu de provisionner le risque, ont caché cette grave évolution de leur situation. La crise est alors comptable et financière. Mais, pour échapper à leurs difficultés, les banques ont recours à une pratique qui, elle, relève de la délinquance. Elles se servent alors de la technique dite de la titrisation - méthode par laquelle une banque qui a prêté de l'argent transforme le prêt en un titre financier anonyme et contracte quelque part avec une société de recouvrement de créances. Et elles se sont mises à noyer quelques créances hypothécaires pourries - c'est-à-dire non fiables - au milieu de créances réelles. La théorie bancaire veut que les défauts de paiements - il y aura toujours des mauvais payeurs - impliquent une dilution des risques. C'était l'objectif de cette technique. Mais quand il s'agit de cacher des créances malsaines dans des créances saines, j'appelle ça du vol qualifié. Dans le choix de ce mot, il n'y a chez moi aucune volonté d'insulter la profession bancaire, mais un souci juridique. Les quelques centaines de milliards de dollars évaporés - et dont quelques-uns carrément volés - méritent que l'on s'y arrête quelque peu ! Les mots comptent. Pour la science financière, le fait de diagnostiquer que c'est une dérive vers l'immoralité qui est au cœur de la crise ne met pas en cause l'organisation du système, mais une façon de penser, un comportement éthique. Et des absences de contrôle.
Tout cela ne concerne que la finance. Car, sur le fond, la crise n'est pas seulement bancaire et financière, mais principalement macroéconomique.
(fragments) hebdomadaire réforme du 12 mars 2009
source http://reforme.net/dossiers.php?id=364
Synthèse de la fin de l'article
C'est la mort de la théorie de Milton Friedman qui affirmait dans les années 1960 qu'il fallait s'abstenir de toute régulation (toute règles de contrôle) et réduire l'intervention de d'Etat pour atteindre l'équilibre optimal des marchés....
De plus, dans la suite de son article, Michel Rocard cible 4 facteurs aggravants de cette crise :
- la crise des "subprimes",
- la folie de l'endettement des ménages américains (sans contrôle de leur solvabilité) associée à celle de l'Etat Américain |la dette Américaine fin 2007 atteignait déjà plus de 2 fois la richesse américaine]
- la création de produits dérivés qui permettent de spéculer sur tous les produits financiers et sur les marché des matières premières
- la prise de pouvoir des fonds de pension dans les entreprises côtées en bourse qui exigaient un rendement des capitaux investis de 15% ...chaque année.
Pour sortir de la crise quelles pistes:
- intervention des Etats qui sont les prêteurs en dernier ressort dans les banques défaillantes en faisant entrer dans les conseils d'administration des banques des représentants des Etats pour "assurer que les décisions (prises) soient conformes à l'intérêt national"
- "mise en place d'une véritable régulation"
Commentaires : les pistes proposées mériteraient d'être approfondies mais nous attendons les réponses concètes du G20 qui doit se réunir prochainement.
00:12 Publié dans gestion crise | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : rocard, crise
13.03.2009
Retenons toutes les leçons du New Deal
Comme la crise de 1929, la crise actuelle a deux faces. La face émergée, c'est évidemment la crise financière. Des exigences de rentabilité incompatibles avec l'économie réelle, entretenues par la multiplication d'innovations financières, se sont effondrées comme des châteaux de cartes, lorsque les anticipations des marchés se sont retournées.
Mais il y a aussi l'autre face : la pression constante sur les salaires résultant de ces exigences de rentabilité a profondément creusé les inégalités entre les revenus salariaux et les revenus du capital. L'économie américaine a continué à croître dans les années 2000, alors même que le salaire médian stagnait, grâce à une demande alimentée par l'endettement des ménages les plus modestes. Cette situation s'est retrouvée de façon moins marquée dans tous les pays européens, y compris en France. Comme à la veille de la crise de 1929, la mondialisation libérale a conduit à une formidable accumulation de la richesse au sein d'une petite minorité de la population.
Si, contrairement à la crise de 1929, les gouvernements ont su éteindre transitoirement l'incendie financier et éviter des faillites bancaires par une injection massive de fonds publics, ils n'ont pas pris la dimension des changements profonds qu'il faudrait introduire dans la régulation mondiale pour répondre réellement à ce qui est la première grande crise de la mondialisation libérale.
Après la crise de 1929, Roosevelt prit des mesures radicales, séparant en 1933 les banques d'affaires des banques de dépôt et introduisant une régulation stricte de ces dernières, avec une conviction forte : les banques qui détiennent des dépôts exercent en quelque sorte une mission de service public. Elles ne doivent pas faire courir de risques au système des paiements en spéculant sur les marchés financiers. Elles doivent donc être soumises à une régulation stricte et, en contrepartie, l'Etat garantit qu'elles ne tomberont pas en faillite.
Avec le New Deal, il a jeté les bases de l'Etat-providence moderne dans un pays où cette culture de la protection sociale était totalement étrangère. C'est cette généralisation à l'Europe des politiques publiques, conjuguée au développement de l'Etat-providence et à une économie financière fortement régulée qui a contribué à la longue période de prospérité de l'après-guerre, lorsque prévalait le système de Bretton Woods.
Mais il est un autre domaine où Roosevelt bouleversa profondément et durablement les règles : les inégalités. A la veille de son arrivée à la Maison Blanche, le taux marginal de l'impôt sur les revenus les plus élevés n'était que de 25 %. Il le fera passer à 63 %, et il atteindra 91 % en 1941. Pendant un demi-siècle, les Etats-Unis vivront avec un taux marginal d'imposition sur les très hauts revenus proches de 80 %. Cette fiscalité dissuasive sur les très hauts revenus conduira à une forte réduction des inégalités avant impôts (et a fortiori après) ; situation que l'on retrouvera dans presque tous les pays industrialisés dans l'après-guerre.
La dérive des hautes rémunérations n'a pas de justification économique. Elle contribue au contraire à la perte de confiance dans le système économique. Qui peut croire que le travail d'un salarié dont la rémunération moyenne est de 1,6 smic, d'un cadre moyen ou d'un patron de PME, dont la rémunération moyenne est de 3 smic, a 100 ou 200 fois moins de valeur que le travail d'un patron du CAC 40 qui, en cumulant stock-options et bonus, touche plus de 300 smic par an ! Dans la période des « trente glorieuses », où les chefs des grandes entreprises et des banques se préoccupaient d'abord de leur métier de patron, les écarts de rémunération étaient dix fois plus faibles et l'économie s'en portait bien !
Dans ces trois domaines, régulation, action publique, inégalités, l'efficacité économique est très éloignée du credo libéral qui a conduit l'économie mondiale dans le mur. On comprend mieux les difficultés que rencontre Nicolas Sarkozy pour répondre efficacement à la crise. Les valeurs sur lesquelles il a fait campagne et dont témoigne le paquet fiscal de l'été 2007, dernier avatar de « l'économie du ruissellement », sont aux antipodes des politiques qu'il faudrait conduire aujourd'hui. Contraint par l'ampleur de la crise à imiter des politiques qu'il bannissait de son vocabulaire, il est aussi mal armé pour mettre en oeuvre une vraie politique de relance que pour contribuer aux nécessaires réformes de l'économie mondiale.
L'Amérique a tourné la page de George Bush et ouvre une autre époque avec les premières mesures de Barack Obama. Empêtrée dans une idéologie dépassée, la France de Nicolas Sarkozy risque d'être longtemps hors jeu.
Pierre-Alain Muet édition le Monde du 10.03.09
Conclusion : la coordination des politiques économiques des Etats membres de l'Union Européenne est un impératif non suffisant. Il faut déstructurer les banques en séparant les activités de spéculation des banques de leur activités de dépôt, d'une part, et de leurs activités d'assurances, d'autre part. Les agences de notation doivent être strictement contr^lées par un office d'audit du gouvernement pour éviter les fausses notations, car rémunérées par les audités à qui elles attribuents justement la note...
15:04 Publié dans gestion crise | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : crise, économie, monde, régulation
08.03.2009
Et la crise sociale a rattrapé le Parlement européen
Polémique sur une jurisprudence trop favorable aux entreprises
Et la crise sociale a rattrapé le Parlement européen
Par Anne-Cécile Robert
La stupéfaction se lit toujours, plusieurs semaines après les faits, sur le visage de M. Jan Andersson, président de la commission de l’emploi et des affaires sociales du Parlement européen. En quelques mois, de novembre 2007 à juin 2008, la Cour de justice des Communautés européennes (CJCE) a rendu quatre jugements affirmant la primauté des droits des entreprises sur ceux des salariés.
Dans l’affaire Viking, un armateur finlandais voulait transférer un ferry sous pavillon estonien afin d’échapper à une convention collective. Dans l’affaire Laval, un syndicat suédois avait tenté, en bloquant les travaux d’une entreprise du bâtiment, de contraindre un prestataire de services letton à signer une convention collective. Dans l’affaire Rüffert, une société polonaise, installée dans le Land de Basse-Saxe, versait des rémunérations inférieures au salaire minimum local. Enfin, le 18 juin 2008, la CJCE était saisie par la Commission européenne, qui jugeait excessives les obligations imposées par le Luxembourg à un prestataire de services étranger (lire « Syndicats phagocytés »).
Dans tous les cas, la CJCE a condamné les actions syndicales et a demandé aux autorités publiques de limiter les normes sociales imposées aux entreprises délocalisées. Selon elle, le droit du travail et les mouvements de salariés ne doivent pas entraver de façon « disproportionnée » la liberté d’établissement des entreprises (article 43 du traité de Rome) et la libre prestation de services (article 49) dans le Marché commun.
Socialiste suédois, M. Andersson ne s’attendait pas à une telle interprétation des textes européens. Il s’inquiète de la légitimation ainsi effectuée du dumping social et craint d’autres arrêts allant dans le même sens. Le 22 octobre 2008, le Parlement a donc adopté, sur la base d’un « rapport d’initiative » de ce député, une résolution législative contredisant ouvertement la jurisprudence de la CJCE. Fait rarissime dans l’univers ouaté de cette institution, à peine troublé par les groupes de touristes ou d’enfants en voyages scolaires.
suite
et rouvez la version intégrale de cet article dans Le Monde diplomatique actuellement en kiosques.
Commentaires : Ce n'est pas comme cela que l'on fera de l'europe sociale en allant toujours + bas et donc aimer l'Europe.
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