Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

11/06/2011

Réchauffement climatique : les émissions de CO2 battent tous les records

Mauvaise nouvelle pour le climat : Les émissions de CO2 ont atteint leur plus haut niveau historique en 2010 selon l'Agence internationale de l'énergie. Un "sérieux revers" pour la lutte contre le réchauffement climatique qui fait craindre une élévation très dangereuse du niveau de la température mondiale.

L'AIE a annoncé ce lundi 30 mai que les émissions de CO2 ont atteint leur plus haut niveau historique en 2010, dépassant de 5% leur précédent record enregistré en 2008.

"Les émissions de dioxyde de carbone (CO2) du secteur de l'énergie ont été en 2010 les plus élevées dans l'histoire, selon les dernières estimations de l'AIE. Après une chute en 2009 provoquée par la crise financière mondiale, les émissions ont grimpé jusqu'au niveau record de 30,6 gigatonnes, un bond de 5% par rapport à la précédente année record, 2008, quand les niveaux avaient atteint 29,3 gigatonnes", peut-on ainsi lire sur le site de l'agence.

80% des émissions du secteur de l'énergie prévues pour 2020 sont d'ores et déjà acquises!

Alors que l'objectif d'un réchauffement climatique qui ne dépasse pas 2°C a été fixé par les dirigeants du monde lors du Sommet de Cancun en 2010, ces nouvelles données "constituent un revers sérieux pour nos espoirs de limiter la hausse de la température dans le monde à 2°C au maximum", a estimé le chef économiste de l'AIE, Fatih Birol.

Selon les estimations de l'AIE, pour respecter cet objectif, les émissions de CO2 du secteur de l'énergie ne doivent pas dépasser 32 gigatonnes en 2020.

"Cela signifie que, sur les dix prochaines années, les émissions doivent augmenter moins, au total, qu'elles ne l'ont fait entre 2009 et 2010", prévient l'agence. "Ces dernières estimations sont un nouveau signal d'alarme", estime ainsi Fatih Birol, car le monde s'est déjà approché dangeureusement "du niveau d'émissions qui ne doit pas être atteint avant 2020". "Etant donné l'étroitesse des marges de manoeuvre d'ici 2020, à moins que des décisions courageuses et décisives ne soient prises très rapidement, cela deviendra extrêmement difficile de respecter l'objectif de Cancun."

Fatih Birol évoque des "perspectives lugubres", les projections du rapport supposant même qu'il y a 50% de possibilité que l'augmentation de la température dépasse 4 degrés C° vers 2100.

Nicholas Stern, auteur très connu d'un rapport sur le changement climatique prévoit ainsi le pire : "Une telle chaleur perturberait les vies et les moyens d'existence de centaines de millions de personnes à travers la planète, menant à un large mouvement de migration et au conflit".

Ces chiffres représentent ainsi un "sévère avertissement" lancé aux plus de 190 pays qui reprennent le 6 juin à Bonn les négociations sur le changement climatique afin de préparer le grand rendez-vous de Durban (Afrique du Sud) en fin d'année, a estimé la responsable climat de l'ONU, Christiana Figueres, dans un communiqué."Il est clair qu'ils doivent aller plus loin pour mettre le monde sur la voie qui évitera un changement climatique dangereux".

"Je n'accepterai pas d'entendre que c'est impossible. Les Etats doivent rendre ceci possible", a-t-elle ajouté, alors que les négociations onusiennes sur le climat, censées fournir une réponse coordonnée et ambitieuse au défi du réchauffement de la planète, progressent péniblement.

L'AIE a ainsi tiré la sonnette d'alarme ! Espérons maintenant que les Etats l'entendent et agissent avant qu'il ne soit trop tard...

Pour lire le rapport de l'AIE, cliquez ICI

source bioaddict

A lire aussi : Réchauffement climatique : Nous sommes entrés dans le monde d'après

Réchauffement climatique : vers la fin du monde ?

10/06/2011

Pas facile de dénoncer des contrats abusifs

Comment mettre fin aux abus de certains opérateurs (assurance, énergie, télécommunications, vente en ligne) sans se lancer dans des procédures judiciaires longues, coûteuses et incertaines ? Le projet de loi visant à renforcer les droits, la protection et l'information des consommateurs, présenté mercredi 1er juin par le secrétaire d'Etat à la consommation Frédéric Lefebvre, trace plusieurs pistes.

La "class action" ou action de groupe. L'action de groupe à la française autoriserait les consommateurs confrontés à de petits litiges à se regrouper pour mutualiser leurs frais de justice et obtenir réparation.

Elle est réclamée depuis longtemps par l'Union fédérale des consommateurs-Que choisir. Une très large majorité de Français la préconisent, selon cette association. L'UFC-Que choisir a interrogé 56 437 personnes, par courrier et par Internet, entre mi-décembre 2010 et mi-avril. Les résultats de cette enquête indiquent que 95 % des personnes sondées y sont favorables.

Ce n'est pourtant pas la solution qu'a retenue le gouvernement dans le projet de loi du secrétaire d'Etat à la consommation. "J'ai vu les dégâts que cela a pu faire dans les pays qui la pratiquent", a déclaré Frédéric Lefebvre à la presse, en citant les Etats-Unis, où elle aurait coûté "1,5 point du PIB". "Je crois à des sanctions administratives et à des amendes dissuasives, qui permettent de faire cesser le préjudice subi le plus vite possible et qui n'ont pas d'effet négatif sur l'économie", a-t-il insisté.

Une police administrative plus efficace contre les clauses illégales. Le secrétaire d'Etat à la consommation propose de doter la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) de pouvoirs de police administrative : cela lui permettrait de mieux lutter contre les clauses illégales des contrats.

La pratique illicite de nombreux opérateurs, qui consiste à faire payer les paiements par chèque, pourrait, par exemple, être désormais sanctionnée. Les consommateurs qui refusent les prélèvements automatiques sur leur compte sont en effet souvent pénalisés. Les opérateurs facturent leurs chèques : 1,50 euro chez SFR, 3 euros chez Direct Energie, et 4 euros chez Free, qui a été condamné par le tribunal d'instance de Paris, le 22 mars, à la suite d'une plainte de l'Union fédérale des consommateurs-Que choisir. Ce tribunal avait déjà condamné Numericable, le 15 septembre 2009, pour avoir facturé les siens 3 euros.

La DGCCRF indique avoir reçu d'innombrables plaintes contre cette pratique interdite par le code monétaire et financier, dont l'article L 112-12 stipule que "le bénéficiaire (d'un paiement) ne peut appliquer de frais pour l'utilisation d'un instrument de paiement donné", comme le chèque, le virement ou la carte bancaire. La direction du ministère de l'économie et des finances ne peut toutefois imposer aux opérateurs de se mettre en conformité avec la loi. "Désormais, elle pourra infliger une amende de 15 000 euros maximum à un opérateur qui ne respectera pas ses injonctions", a précisé M. Lefebvre.

La suppression des clauses abusives par le juge. Le consommateur peut repérer dans un contrat une clause non pas "illégale" au regard du code de la consommation, mais "abusive", c'est-à-dire créant "un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties". C'est, par exemple, le cas d'une clause qui réserverait au professionnel le droit de modifier unilatéralement les engagements de son contrat.

A l'heure actuelle, le consommateur concerné doit aller devant un juge civil pour faire reconnaître la clause comme abusive. Un autre consommateur ayant le même contrat ne peut bénéficier de ce jugement : il doit refaire une procédure, en vertu du principe de l'autorité "relative" de la chose jugée.

Le projet de loi dit que, désormais, la DGCCRF, ou une association de consommateurs agréée, pourra se charger des poursuites et demander au juge d'ordonner la suppression de la clause abusive dans tous les contrats identiques conclus par l'opérateur. Le juge devra dire que la clause abusive est réputée "non écrite".

Une surveillance accrue des contrats de vente en ligne. Le consommateur qui achète en ligne doit aussi se méfier des clauses de certains contrats de vente. Les tribunaux ont déjà jugé abusive, par exemple, la clause qui donne au vendeur la possibilité de modifier à tout moment les termes de son contrat, sans raison valable spécifiée et sans autorisation de l'acheteur.

Ils ont jugé abusive la clause qui interdit à l'acquéreur n'ayant pas formulé de réserves sur un bon de livraison de contester la conformité de sa commande. Comme celle qui prévoit une acceptation implicite par l'abonné des conditions générales du contrat ou celle qui impose à l'abonné de payer à partir d'un compte bancaire situé en France métropolitaine. On peut en retrouver la liste dans l'ouvrage Droit pour non-juristes : Internet (Dunod, 2010) d'Arnaud Dimeglio, avocat spécialisé en droit de la propriété intellectuelle.

En mars, le tribunal de grande instance de Paris, saisi par l'UFC-Que choisir, a considéré comme illicite une clause contenue dans les contrats d'abonnement inférieurs à 32 mois de Free, qui impose des "frais d'activation des services, à perception différée" : il a jugé qu'il s'agissait de "frais de résiliation détournés" et a ordonné leur suppression.LEMONDE |

07/06/2011

Face au réchauffement, l'INRA appelle l'agriculture à évoluer

Exceptionnelle, la sécheresse 2011 ? Pas sûr. La météo actuelle correspond au climat qui guette la France vers la moitié du siècle sous l'effet du réchauffement, prévient l'Institut national de la recherche agronomique (INRA). Alors que les agriculteurs en appellent à la solidarité nationale et que la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) réclame un "plan national de stockage de l'eau", les chercheurs de l'INRA ont suggéré, vendredi 3 juin, une réforme en profondeur des pratiques agricoles.

 

"Ajouter quelques retenues d'eau ici ou là, pourquoi pas. Mais étant donné la raréfaction attendue des pluies, il faut surtout modifier notre système de culture, même si les syndicats agricoles n'aiment pas entendre ce discours", estime Nadine Brisson, directrice de recherche à l'unité Agroclim de l'INRA, à Avignon.

L'agriculture absorbe déjà la moitié de l'eau consommée en France. On peut sans doute limiter le gaspillage en arrosant uniquement pendant les phases les plus sensibles de la croissance des plantes, et non en permanence, souligne l'INRA. Mais "le goutte-à-goutte ne sera jamais rentable pour les grandes cultures comme le maïs", insiste Mme Brisson.

Que faire alors ? Les chercheurs listent plusieurs pistes : déplacer les aires de culture vers le Nord, décaler les cycles de cultures pour éviter que les moments où les plantes ont de grands besoins en eau coïncident avec les périodes de pénurie - cas typique du maïs -, remplacer une partie des surfaces semées en maïs par des cultures d'hiver moins gourmandes en eau, comme le blé ou le colza.

Pour l'INRA, les agriculteurs doivent réévaluer leurs choix stratégiques : faut-il semer du maïs ou du sorgho ? Accroître les stocks de fourrage ? Choisir les vaches laitières les plus productives, qui sont aussi les plus difficiles à nourrir ? "Il faut arbitrer entre la productivité et la sécurité, trouver un nouvel équilibre entre la performance du système en année normale et sa résistance en année extrême", analyse Jean-François Soussana, le directeur scientifique environnement de l'INRA.

Une partie de ces petites révolutions est applicable dès à présent pour faire face à la crise. Alors que la production de fourrage a chuté au moins de moitié, plongeant les éleveurs dans une situation catastrophique, l'INRA recommande d'intercaler dans le cycle de cultures une récolte improvisée. "Les moissons précoces libèrent des surfaces sur lesquelles on peut semer des cultures fourragères comme le millet ou le ray gras d'Italie, qui poussent très vite à la moindre pluie", suggère Christian Huyghe, directeur scientifique adjoint chargé de l'agriculture....extrait lemonde