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19/12/2010

Les jolis cadeaux refoulés de Noël

Et vous, où en êtes-vous de vos cadeaux de Noël ? Faites-vous partie de ces personnes prévoyantes qui anticipent et sont déjà fin prêtes, ou de ces retardataires qui vont faire leurs achats dans la précipitation, la veille ou l'avant-veille, cherchant désespérément dans les rayons dégarnis le présent idéal ?

Si vous êtes de la seconde catégorie, gare aux imprudences, évitez de bâcler vos achats, car offrir un cadeau n'est pas un acte anodin. Comme le disait Jean Cocteau, il n'y a pas d'amour, il n'y a que des preuves d'amour. Et les cadeaux en font partie...

Pourquoi l'acte d'offrir est-il si important ? "Quelle que soit notre culture, le cadeau est un élément essentiel pour fonder et nourrir les liens des personnes entre elles", considère Sylvie Tenenbaum, psychothérapeute, auteur de Ce que disent nos cadeaux (Leduc.s Editions, 185 p., 12,90 €). Fêtes religieuses, naissances, mariages, anniversaires, départ d'un collègue à la retraite..., les cadeaux rythment notre vie et scellent nos appartenances : sociale, amicale, familiale ou amoureuse.

Ethnologues et sociologues se sont penchés sur les mécanismes à l'oeuvre dans le fait d'offrir. Selon Marcel Mauss (1872-1950), le don en tant qu'acte social suppose que le bonheur personnel passe par le bonheur des autres, ce qui implique des règles sous-jacentes : celle de donner, de recevoir et de rendre, ce que l'ethnologue français qualifie de contre-don.

Contrairement aux idées reçues, offrir ne serait pas un acte gratuit mais une sorte d'investissement sur l'avenir et sur la pérennité d'une relation. "Il y a toujours un contrat implicite quand on accepte un cadeau. Il crée une sorte de dette", analyse Sylvie Tenenbaum. Il y a une forme d'engagement. Un jour, on ne sait quand, l'autre donnera à son tour. Et cette idée de réciprocité est tacite.

Ainsi, certains cadeaux sont-ils plus difficiles à offrir ou à accepter que d'autres, parce que le lien est factice ou problématique. Qu'on se retrouve le jour de Noël avec des personnes qu'on n'apprécie pas vraiment - ce qui arrive dans les familles - et l'on doit quand même sacrifier à la tradition. Du coup, on s'en débarrasse comme d'une corvée.

"J'en ai eu assez des cadeaux pour toute la famille à Noël, ras le bol, soupire Véronique, qui, comme l'ensemble de ceux qui témoignent, requiert l'anonymat. J'avais à chaque fois l'impression de subir une espèce de pression familiale insupportable. Ma mère était même prête à me donner de l'argent pour satisfaire tout le monde. J'ai toujours refusé. Une année, j'ai décidé d'arrêter en prévenant tout le monde." Une manière pour cette femme de rompre avec l'image d'Epinal d'une famille unie que tenait à préserver sa mère.

Car, sans que l'on s'en rende vraiment compte, les cadeaux sont le reflet de nos relations aux autres, et dévoilent parfois ce que l'on ne dit pas, voire ce que l'on cache. Il peut même s'y glisser un message inconscient. Comme pour Aline (le prénom a été changé) qui n'appréciait pas sa belle-soeur. Et qui a offert quatre années durant à Noël un jeu de solitaire à son frère. "Ça faisait rire tout le monde, sauf ma belle-soeur. Elle a compris le message et l'a mal pris", se souvient-elle. Ou encore cette mère qui a offert à sa fille qui n'aimait pas les bijoux des boucles d'oreilles pour ses 20 ans. " J'avais surtout l'impression que ma mère me faisait passer un message afin que je change mon style et que je devienne ce qu'elle voulait que je sois : plus féminine et plus coquette ", raconte Sandrine, 39 ans. Ou encore comme cette belle-fille, qui n'aimait pas cuisiner, à qui sa belle-mère a offert un set de torchons et des magnets à fixer sur le frigo.

Un cadeau fait forcément l'objet d'interprétation. "On décèle très souvent un message de la part de la personne qui offre, qui peut être juste ou pas", explique Catherine Audibert, psychologue et psychanalyste. Comme cette patiente qui, à Noël, a l'impression que les cadeaux que reçoit sa soeur de ses parents sont plus beaux que les siens. Du coup, la jalousie enfouie refait surface et le cadeau arrive comme une preuve supplémentaire d'une préférence réelle ou fantasmée.

"Le cadeau va exacerber ce qu'on ressent del'investissement affectif de l'autre", poursuit la psychanalyste. Jalousie, rancoeur, déception peuvent être là au rendez-vous. Qu'une personne avec qui vous avez des liens forts vous offre un cadeau qui ne vous correspond pas, et un monde s'écroule. On se sent incompris, malheureux, au point, même, de douter des sentiments de l'autre. "Nous sommes à peu près tous persuadés que celui ou celle qui nous aime et nous comprend ne peut pas se tromper dans le choix des cadeaux qu'il nous offre", commente Sylvie Tenenbaum.

Les fêtes de Noël sont aussi l'occasion de comparer les cadeaux. Un présent jugé trop onéreux peut mettre dans l'embarras celui qui le reçoit. Il peut être perçu comme une volonté d'emprise, ou la volonté de se mettre en avant. De même, compte tenu des moyens de celui qui l'offre, un cadeau jugé bon marché peut être perçu comme un manque d'attention, de considération et remettre en question la qualité du lien. "Même si bon nombre d'entre nous se refusent à l'admettre, il nous est tous arrivé d'estimer la valeur marchande d'un cadeau au regard des moyens de la personne qui l'offrait", affirme Sylvie Tenenbaum. "Pour mon mariage, une amie m'a offert des coupes à glace que j'ai vues au supermarché du coin, s'indigne Léa. J'aurais préféré qu'elle ne m'offre rien."

Bref, faire un cadeau qui va plaire est tout un art. Et les enfants sont bien avisés de faire des listes à l'attention du Père Noël. Pour les adultes, on peut se risquer à quelques conseils. Ne pas imposer ses goûts, mais tenir compte des centres d'intérêt de l'autre : inutile d'offrir une machine à faire le pain à qui déteste cuisiner. Ne pas vouloir combler les manques qu'on attribue à l'autre : s'il ne lit pas, ignorez les oeuvres complètes de Proust. Enfin, soigner la manière d'offrir, un joli paquet, un mot doux. Et si la déception se lit sur son visage, prenez une mine contrite et proposez-lui de l'accompagner pour le changer.

Martine Laronche

L'étape freudienne du premier don à la mère

Selon la théorie freudienne, l'apprentissage de la propreté, le fait pour le nourrisson de "faire don" de ses selles à la personne qui prend soin de lui, est une étape importante dans le développement de sa personnalité. "Ce premier cadeau, la manière dont il est attendu ou reçu par la personne qui prend soin de l'enfant vont influer sur ses échanges avec les autres", commente Catherine Audibert, psychologue et psychanalyste. Si la mère insiste trop pour que l'enfant soit propre ou est dégoûtée et ne reconnaît pas le "cadeau" que lui fait son enfant, ce comportement pourra avoir une influence négative sur les échanges du futur adulte avec les autres. source lemonde

04:08 Publié dans social | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cadeaux, noël, choix |  Facebook |

18/12/2010

Les transporteurs routiers alsaciens refusent d'être taxés avant les autres

ECO-TERRE - D'ici la fin de l'année prochaine, 190 kilomètres de routes alsaciennes devraient être concernés par la mise en place d'une éco-redevance imposée aux poids lourds de plus de 12 tonnes. La région, où l'idée est dans l'air depuis 2005, expérimenterait ainsi un dispositif amené à se généraliser en France environ douze mois plus tard pour les véhicules de plus de 3,5 tonnes. Mais les organisations du transport routier, soutenues par le Medef et la CGPME, s'opposent à ce que l'Alsace prenne un temps d'avance. "Nous n'acceptons pas cette aberration. L'Alsace fait partie de la France et veut être traitée comme les autres régions", déclarent-elles dans un manifeste. Elles dénoncent une "distorsion de concurrence" au détriment des transporteurs routiers alsaciens qui aura des répercussions sur les coûts. Selon leurs calculs, inspirés de l'éco-redevance en vigueur en Allemagne, il leur faudra payer une taxe de 49,50 euros pour effectuer un aller-retour Strasbourg-Mulhouse avec un poids lourds à cinq essieux.source libéstrasbourg

Commentaire : pas d'accord, la taxe est justifiée d'autant que la pluart des poids lourds qui traversent l'Alsace viennenet de tous les pays d'Euope pour éviter de payer la Mautltax allemande pour les poids lourds de l'autre côté du Rhin. Cela suffit car ce sont nous les contribuables alsaciens  qui payont depuis 2005 et subissont une pollution intolérables

16/12/2010

La nouvelle autoroute A65 s'accompagne de contreparties environnementales sans précédent

Pontenx-les-Forges (Landes) Envoyée spéciale - Alors que l'autoroute de Gascogne entre en service jeudi 16 décembre, A'Lienor, la société qui a obtenu la concession, met en avant des mesures de compensation écologiques d'une ampleur sans précédent en France sur ce genre d'infrastructure, pour tenter de contrer les critiques toujours très fortes de ses détracteurs.

L'A65 relie Pau à Langon, à 40 km au sud de Bordeaux, par une deux-fois-deux-voies sur 150 km. A'Lienor, dont le capital est détenu à 65 % par Eiffage et à 35 % par Sanef, a dû investir 150 millions d'euros pour limiter l'impact du projet sur les zones humides qu'il traverse. Cet argent doit servir aussi à financer des mesures de compensation qui doivent, notamment, permettre de récréer à proximité des habitats pour le vison d'Europe, un petit mammifère en voie de disparition et protégé. Il en resterait environ deux cents en Aquitaine. A 28 km à l'est de l'autoroute, au lieu-dit Le Pountras, près de Mimizan, un espace refuge a été sanctuarisé pour le vison d'Europe, mais aussi pour d'autres espèces endémiques, comme la cistude, une petite tortue des marais, ou le papillon fadet des laîches. Au total, Eiffage a l'obligation de trouver 1 372 hectares d'espaces naturels pour mettre en oeuvre les mesures de compensation jugées nécessaires pour "neutraliser" l'utilisation des 1 600 hectares de l'A65.

"Massacre écologique"

"Les exigences introduites par la loi sur le Grenelle ont modifié radicalement le projet", reconnaît Olivier de Guinaumont, président d'A'Lienor, qui ajoute : "La création de valeur économique d'un projet d'infrastructure ne suffit plus à compenser les impacts sur l'environnement. Il doit être neutre sur le plan environnemental, ou il ne se fera pas."

La CDC Biodiversité (Caisse des dépôts et consignations) a été chargée d'accompagner le maître d'ouvrage en amont pour concevoir le volet environnemental du projet. "Il n'y a jamais eu de chantier de cette envergure pour nous, pour le pays et pour une infrastructure de transport", assure Laurent Piermont, PDG de la CDC Biodiversité, dont la maison mère est actionnaire minoritaire d'Eiffage. "L'Etat a demandé un véritable remplacement espace pour espace, espèce pour espèce."

Le procédé est laborieux et complexe : après avoir trouvé les zones intéressantes pour y conserver ou y développer des corridors écologiques, il faut négocier avec les propriétaires. "Nous n'allons pas voir les propriétaires les plus sceptiques", avoue Sophie Elie, chef de projet A65 pour CDC Biodiversité. Les espaces recherchés peuvent être des bois, des champs de maïs, des terrains de chasse. "Sur chaque site, nous avons un propriétaire clé qui nous permet de mettre un pied sur la zone convoitée et sert d'exemple. Après, c'est beaucoup de négociation et de pédagogie, car nous n'avons aucun moyen juridique pour les faire accepter", reconnaît Sophie Elie. La filiale de la CDC loue, établit des conventions ou achète les terrains. A ce jour, 160 hectares (ha) sont sécurisés autour de deux cours d'eau, dans la zone de Mimizan-Aureilhan, grâce au gérant de cette partie boisée, la Société forestière qui appartient elle-même à la CDC. "Près de 800 ha sont en cours de négociation avec leurs propriétaires, et devraient aboutir d'ici au printemps 2011", assure-t-elle.
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Les responsables d'Europe Ecologie-Les Verts continuent de penser que la construction de l'A65 "est un véritable massacre écologique, détruisant de nombreux sites remarquables de manière irrémédiable". L'association Sepanso de défense de l'environnement a mis en garde contre la création de "parcs Disneyland de la biodiversité". source lemonde