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16/07/2011

L’Allemagne veut financer de nouvelles centrales au charbon avec son fonds climat

De nombreux experts doutent que l'Allemagne puisse en même temps sortir du nucléaire et réduire de 40 % ses émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2020.

Le gouvernement allemand veut aider à financer la construction de nouvelles centrales électriques au charbon et au gaz naturel grâce à des centaines de millions d'euros destinés à promouvoir les énergies propres et la lutte contre le changement climatique.

Le projet fait face à de vives critiques à Berlin, mais il continue à être défendu par le ministre de l'économie, rapporte le Berliner Zeitung. Une porte-parole du ministère a indiqué que ce financement était nécessaire, afin d'aider l'Allemagne à sortir du nucléaire et à développer les énergies renouvelables. Elle a précisé que cette initiative n'empêcherait en aucun cas l'Allemagne d'atteindre son objectif de réduction de 40 % de ses émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2020 (objectif bien plus ambitieux que les 20 % fixés à l'échelle de l'Union européenne).

Les subventions en faveur de nouvelles centrales thermiques seraient limitées à 5 % des dépenses annuelles du fonds de l'Allemagne pour l'énergie et le changement climatique. Cela représente 160 millions d'euros par an, de 2013 à 2016.

Le parti vert allemand reconnaît la nécessité d'utiliser des centrales au gaz pour aider à prendre le relais des centrales nucléaires, lesquelles doivent toutes être arrêtées d'ici à 2022. Mais le mouvement écologiste réclame qu'aucune subvention ne bénéficie aux centrales au charbon, jugées plus polluantes.

Qu'elles fonctionnent au gaz ou au charbon, les centrales thermiques émettent du CO2. Mais elles sont considérées comme indispensables pour accompagner le développement de l'énergie éolienne et solaire : ces centrales, dites « d'appoint », peuvent être démarrées rapidement, lorsque le vent ne souffle pas ou quand le soleil est caché.

Cet épisode confirme que le chemin de sortie du nucléaire tracé par l'Allemagne sera difficile, tortueux peut-être.

L'Allemagne produit plus de la moitié de son électricité à partir de sources d'énergie fossiles : le charbon (44 %) et le gaz naturel (13 %). Les renouvelables fournissent déjà 18 % de l'électricité.

La part du nucléaire, beaucoup plus faible qu'en France, est limitée à 22 %. L'accident de la centrale japonaise de Fukushima a conduit le gouvernement allemand à accélérer son programme de sortie du nucléaire.

On pourrait logiquement s'attendre à ce que le développement des énergies renouvelables soit accéléré, lui aussi, puisque l'Allemagne n'est pas revenue sur son très ambitieux objectif de diminution des émissions de gaz à effet de serre.

Seulement voilà, depuis Fukushima, Berlin n'a pas annoncé de hausse des crédits alloués aux renouvelables. Au contraire, le gouvernement allemand a récemment diminué fortement ses subventions en faveur de l'électricité solaire. Il a envisagé de faire de même pour les éoliennes implantées sur la terre ferme, avant de se raviser fin juin.

Climat, sortie du nucléaire : beaucoup d'experts jugent que l'Allemagne sera incapable de mener les deux stratégies de front. L'agence Reuters cite par exemple Didier Laurens, analyste à la Société générale (« Il semble que l'Allemagne va remplacer son énergie nucléaire par du charbon, du gaz, et une hausse de ses importations, plutôt que par un développement des renouvelables ») et Hans-Werner Sinn, président de l'institut Ifo de recherche économique de Munich (« Les objectifs climatiques annoncés par Angela Merkel (...) ne seront pas atteints »).

La seule grande puissance industrielle à avoir renoncé au nucléaire a-t-elle les moyens de sortir en même temps des énergies carbonées ? Quelle que soit la réponse, des conséquences essentielles seront à tirer de l'expérience sans précédent entreprise par l'Allemagne. source lemonde

SOS Océans : Greenpeace dénonce le pillage des profondeurs marines par Intermarché

Samedi 25 juin, dans plus de 40 villes de France et d’Espagne, les deux principaux pays européens qui pêchent dans les grandes profondeurs, les militants bénévoles de Greenpeace se sont mobilisés pour dénoncer les dégâts de la pêche de grands fonds, emblématique de la mauvaise gestion des pêches européenne. En France, les militants de Greenpeace se sont rendus dans 22 Intermarché, enseigne qui possède la plus grande flotte de chalutage profond en France.

 

Les militants de Greenpeace, dans 22 Intermarché, ont signalé, grâce à des autocollants, les principales espèces de grands fonds (flétan, grenadier, et bien d’autres) comme étant des « espèces en danger ». Des lettres ont également été remises aux directeurs et gérants des magasins.

Intermarché, principal responsable du crime des grands fonds

Les océans sont en train de mourir, tout particulièrement en Europe. 7 espèces sur 10 sur les étals des poissonneries sont surexploitées ou au bord de la surexploitation. Si on ne veut pas d’un océan vide d’ici 35 ans, l’Union européenne doit radicalement changer la Politique commune des pêches qui régit les flottilles européennes. Le chalutage profond est emblématique de ces mauvaises pratiques : trop industrielles, elles menacent des espèces qui se reproduisent très tardivement, et sont donc particulièrement vulnérables à la pêche. De plus, le chalutage profond entraîne des rejets en mer d’animaux morts et détruisent le fond des océans. Intermarché possède la plus importante flotte de chalutage profond en France.Focus de Greenpeace sur l’activité chalutage profond d’Intermarché ici : http://bit.ly/l26ndZ

Intermarché capture 60% des prises françaises en termes de pêche profonde. Si cela ne représente que 8 bateaux, la technique de pêche est particulièrement destructrice. Les chaluts sont des filets coniques, dont l’ouverture peut être aussi large qu’un terrain de football, tirés par des bateaux au dessus du plancher océanique, raflant tout sur leur passage. C’est un scandale qui doit stopper.

Greenpeace demande à Intermarché d’arrêter la pêche par chalutage profond et d’orienter son activité vers des pratiques qui n’engendrent ni la surpêche ni la destruction des fonds marins.

Une activité qui survit sous perfusion des fonds de l’Union européenne

L’Union européenne a entamé un processus de réforme de la Politique commune des pêches européenne, qui régule les pratiques de nos flottes dans et hors des eaux communautaires. Dans le cadre de cette réforme, Greenpeace demande que l’UE cesse de subventionner les techniques destructrices comme le chalutage profond. La flotte d’Intermarché a notamment survécu malgré sa mauvaise santé économique grâce à 9,7 millions d’Euros de fonds publics, payés par le contribuable français et européen, entre 1996 et 2008. Intermarché a par la suite, en 2008, injecté 20,4 millions d’Euros dans sa flotte pour la maintenir à flot.source greenpeace

voir le reportage de France3 Provence- Alpes sur la journée

Toute la campagne SOS Océans et le guide des espèces profondes menacées